Les vaudois et l'Église Romaine

La donation de Constantin (détail),
fresque de Gianfrancesco Penni. Salle de Constantin. Vatican.

L'Empereur Constantin Ier (272-337) aurait donné au pape Sylvestre la primauté de l'Eglise d'Orient et le pouvoir impérial sur l'Occident.

Progressivement, les Vaudois se voient contraints et forcés de se séparer de l’Église catholique.

 

Les vaudois, malgré la condamnation dont ils font l’objet au concile de Vérone (1184) pour « usurpation du ministère de la parole » se considèrent toujours comme membres de l’Église et participent à ses sacrements.

 

Leur pratique est familiale, sous la direction de prédicants itinérants, les « frères » appelés « barbes » en langue romane ; avec lecture de la Bible en langue vulgaire, prières, prédication et confession individuelle des péchés. Le peuple et même le clergé local les considèrent favorablement en raison de l’exemplarité de leur vie.La hiérarchie de l’Église romaine espéra longtemps que les vaudois l’aideraient dans la prédication contre l’hérésie cathare.

 

 

Après la mort de Valdès, vers 1207-1208 et la condamnation définitive comme « hérétiques » au concile du Latran en 1215, une réunion de délégués des deux courants vaudois, les « Lyonnais » et les « Lombards », s’est tenue en 1208, à Bergame en Italie. Ils décident la tenue annuelle d’un chapitre des « frères » représentants des communautés. Celui-ci doit édicter des règles de discipline et désigner deux « recteurs » qui contrôleront l’action des prédicateurs itinérants. Il ne s’agit pas de créer une hiérarchie concurrente de celle de l’Église, mais de poursuivre la mission confiée aux apôtres par le Christ. Après la rencontre de Bergame, les vaudois vont prendre conscience de leur identité et d’être en opposition à l’autorité du pape.

 

 

Ils reprochent à la papauté romaine d’être devenue une autorité temporelle en ayant accepté, au IVèmes. la « donation de Constantin » au pape Sylvestre.

 

 

Les vaudois se placent ainsi dans la continuité apostolique. Ils condamnent la décadence du catholicisme par l’enrichissement de la papauté et de son clergé et rejètent les traditions qu’ils jugent entachées d’erreurs. Leur idéal de pauvreté évangélique s’oppose à une église romaine accusée d’avoir trahi l’Évangile.
Ils se considèrent désormais comme la seule vraie Église du Christ.

 

 

Face aux excommunications lancées par la hiérarchie catholique, les vaudois vont créer de nouvelles formes de vie cultuelle.

 

 

Ils élaborent une doctrine théologique spécifique inspirée des textes bibliques : négation du purgatoire, du sacerdoce, du culte des saints, de la prière pour les morts, non violence et refus du serment.
L’administration des sacrements est confiée à des laïcs, les « amis », toujours sous la direction spirituelle des prédicateurs, les « barbes ».
Cependant, quelques groupes du Languedoc, les « pauvres catholiques » reviennent au sein de l’Église romaine.

 

 

En 1231, le tribunal de l’Inquisition est créé. Il est confié aux dominicains et aux franciscains qui relèvent directement du pape.

 

"Deux écrits de l’époque, « La vie du pape Alexandre III » (1216) et « les actes de l’Inquisition de Carcassonne » (1241) accusent les vaudois de s’être mélangés aux « hérétiques locaux »
(Cathares, Humiliés, Henriciens, et autres…)
L’inquisition se déchaîne alors, mais au XIVème s une profonde crise morale et spirituelle de l’Église romaine va favoriser l’expansion du mouvement vaudois à toute l’Europe.

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