Trente ans après Vaudès, François d'Assise distribuait aussi ses richesses et décidait de vivre dans la pauvreté évangélique. Mais au contraire des vaudois, l'ordre des franciscains est reconnu par le pape Innocent III en 1209. Fresque de Giotto à Assise vers 1300

Carte MC/JJD 02/2010

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L'expansion des vaudois en Europe

L’éloignement imposé de son berceau signifie aussi pour le mouvement vaudois un éloignement de l’Église de Rome.

Chassé de Lyon, le mouvement se répand là où les prédicateurs vaudois peuvent encore prêcher publiquement. Il s’installe en Provence et surtout dans le comté de Toulouse (Languedoc), ainsi que dans le Nord de l’Italie.

 

Entre 1184 et 1215, pendant plus de 30 ans, les vaudois ont pu donc circuler encore ouvertement et répandre leur message plus ou moins publiquement dans différentes régions de l’Europe. Déjà du vivant de Valdès la prédication des Pauvres de Lyon atteignait les limites linguistiques des régions de langue romane : Toul (1192), Metz (1199), Liège (1203) et un peu plus tard Reims (1230).
C’est surtout de la région de Montpellier que les prédicateurs vaudois partaient vers le Nord remontant les voies commerciales de la vallée du Rhône et de la Saône.

 

Les croisades contre les Cathares (1207-1244) broyèrent les communautés vaudoises du sud-ouest et leur condamnation définitive pour hérésie, en 1215 au quatrième concile de Latran, ont limité leur implantation plus au nord, dans le Domaine royal des Capétiens.

 

Une des régions de la France actuelle où l’implantation vaudoise a été la plus importante tout au long du Moyen–Age est le Dauphiné, terre d’Empire jusqu’en 1349. Le morcellement géographique de ce territoire entre Alpes et Rhône, les querelles entre les différents seigneurs et l’archevêque d’Embrun ont permis au mouvement vaudois de s’y maintenir plus longtemps qu’ailleurs.
Les nombreux procès pour hérésie contre les vaudois qui jalonnent tout le XIVème s. en Dauphiné sont le signe de leur forte expansion dans cette région.

 

L’autre implantation du mouvement vaudois est le nord de l’Italie, la Lombardie, avec cependant, un idéal différent.

 

Les « pauvres de Lyon », dans la ligne même de Valdès, se comprennent comme un mouvement de prédicateurs laïcs, itinérants, radicalement pauvres, prêchant la pénitence et le pardon, à la manière des apôtres envoyés deux par deux par Jésus.
Les « pauvres de Lombardie », travailleurs et artisans, vivent en une sorte de communauté de biens, à l’image des premiers chrétiens (Actes des apôtres, 2,4). Ils contestent plus radicalement la validité des sacrements administrés par un « mauvais » prêtre.

 

Le mouvement vaudois s’est implanté au nord des Alpes, à partir de la Lombardie.

 

La présence des vaudois y est surtout attestée par des documents d’origine inquisitoriale : Lac de Constance (1243), Ratisbonne (1262), villes d’Autriche (1266).
Puis, tout au long du XIVème s. les procès pour hérésie vaudoise se suivent de la Suisse jusqu’aux rives de la Baltique en passant par la Souabe, la Bavière, La Franconie, la Saxe, la Bohème, le Brandebourg, la Silésie.

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